Thursday, December 03, 2009

Le Golem qui vous pète à la gueule

Photo Non Fides IV

L'Histoire retiendra peut-être Nicolas Sarkozy comme l'inventeur du Golem Péteur : « et pour le prix d'une élection, je vous en fourgue deux ! »



Tuesday, December 01, 2009

Adieu Non Fides

Un. Puis sept. Un éclair.

Paru dans Non Fides n°2

Un. Puis sept. Un éclair. « Allez toi, tu viens avec nous. » Pas le temps de parer, juste une fraction de seconde pour réaliser. On m’éloigne de la « zone rouge » ; face contre sol, la bouche contre le macadam, les mains dans le dos. De suite, les menottes. Quelques petits coups vicieux placés discrètement, des torsions de poignet, pour le plaisir. Ils me gueulent un tas de tendres mots : « Donne ton bras! Tu ‘bouge pas, tu bouge pas ! ». Soulevé, ils m’amènent derrière le cordon des casqués, à l’abri des regards. L’un d’eux, tête de mannequin reconverti, me fixe dans les yeux pour m’intimider. « T’es anarchiste toi hein ? J’suis sûr que t’es anarchiste ». Bien vu ducon, mais je ne vais pas te faire le plaisir de confirmer. « Tu sais pourquoi t’es là ? Tu ’comprends pas hein ? ». Jouer les ahuris, quelques minutes encore. «On t’a vu, on t’a repéré, on t’a filmé ». Ne pas réagir, ne rien répliquer. « Ca t’amuse de balancer des pierres sur des pères de famille ? ». La classique… pauvres flics armés et en armure des pieds jusqu’à la tête, qui jouent aux victimes de la violence populaire. Envie de me marrer, mais impossible. Ils commencent à comprendre qu’ils ont arrêté une sorte de statue. Alors ils la bouclent, me déposent contre un mur et me foutent la paix.

A côté de moi, une dizaine de compères qui n’ont pas eu de bol. Ils ont en plus le malheur d’être bavards, par fierté. L’un d’eux, à peine seize piges, se fait chambrer par les deux cowboys de service : « Alors, p’tit PD, tu fais moins le mariole maintenant que les copains sont plus là ! ». Il a le mauvais réflexe de leur faire remarquer qu’ils sont des branques et qu’ils ne savent même pas mettre des menottes. En effet, il a presque les mains libres. Les playmobiles, vexés par la pique, soulèvent le minot et lui remettent les pinces, serrées jusqu’au sang cette fois. Je vois les mains du compagnon devenir violettes en deux secondes. Des larmes de douleur lui viennent. Après dix minutes, les deux GM réalisent qu’ils y sont peut-être allés un peu fort ; ils desserrent les menottes, laissant sur les poignets du jeune homme les marques de leur connerie crasse.

De l’autre côté, cinq flics mettent la pression à un mec qui aurait mis un gros coup de latte à l’un d’entre eux. « Tu mets des coups à nos collègues, ça t’amuse fils de pute ? En un contre un, tu te la raconterais moins. » La plupart des interpellés n’ont pas l’air d’avoir déjà vécu ce type de situation. Mon silence m’a valu une sorte de « traitement de faveur », pas un de ces abrutis ne vient me chauffer. Une fois dans le « panier à salade », les garçons arrêtés me posent plein de questions : « Tu t’es déjà fait arrêté ? Tu penses qu’ils vont nous garder longtemps ? »

Leurs visages se figent un peu lorsque je leur dis que nous risquons de passer la nuit en garde-à-vue. Tous ont encore la rage, mais la peur du fatidique « casier » prend peu à peu la place. Pour d’autres, c’est une autre menace qui les inquiète : « Putain, mes darons vont me déchirer quand ils vont savoir que je suis au poste ! »

Pendant ce temps, les hyènes font leur sale taf, remplissent leurs papiers, pour savoir quel BACeux a fait telle prise. Et vas-y pour la prime de « BAC17 »… « Et toi « BAC14 », c’est lequel que t’as chopé ? » ; « A quelle heure les arrestations ? » ; « Mais nan, c’était une heure plus tard ! », « Bon vas-y, c’est pas grave, on verra ça après. » Ce métier de rêve…Ces têtes de bourrins analphabètes qui ont tout pouvoir pour nous envoyer au ballon…

Quelques minutes et une bonne dizaine de remarques homophobes plus tard, le commissariat délabré en plein quartier de bourge. Puis une heure après, le transfert au dépôt. En sortant, un regard vers les copains et copines qui ont eu la gentillesse de venir devant le poste, le temps d’un signe et d’un sourire crispé. Le dépôt…une des taules les plus dégueulasses d’Europe, selon les mots d’un rapporteur pour la commission européenne. Retour en terrain connu…

à, à vingt dans une pièce carrée ; « Salut, t’es là pourquoi ? Manif, sérieux ?! Check mon frère ! Ils t’ont chopé quand toi ? » La plupart sont là pour came ou tise au volant. Certains ont goûté à la taule, disent qu’ils la préfèrent à la garde-à-vue… d’autres craignent d’y aller ; les plus bavards et les plus âgés animent la discussion. Ca part sur l’Etat, les condés « qui bandent à chaque arrestation », ce pays de merde, la justice qui nique sa mère ; quelques petits mots sur le capitalisme. On est à peu près sur la même longueur d’onde. Derrière un petit muret d’un mètre de haut qui sert de séparation de fortune, un type gerbe tout ce que son corps contient. L’air devient vite irrespirable et l’homme a l’air très mal en point, semble à deux doigts de s’étouffer dans son vomi. On appelle à l’aide, une flique vient pour évacuer la personne malade et nous changer de cellule, « parce que vous êtes des êtres humains quand même »…Quelques sourires, des messes-basses assez explicites à propos de la femme…

La discussion change, ils parlent de la fin du monde maintenant. Là, quelqu’un lance : « Moi je vais vous dire c’que c’est la fin du monde pour moi. La fin du monde, c’est quand la femme se met avec la femme, et l’homme avec un autre homme. Ca c’est la fin du monde, les frères ». Signes de la tête des autres, approbateurs. Et merde, c’était pourtant pas si mal parti. Ensuite ça enchaîne sur le salaire des stars, des footballeurs, sur les Juifs, forcément…qui détiennent le pouvoir, qu’on voit partout à la télé, etc. Remerde… toutes ces remarques à la con qui font que je déteste les flics (entre autres griefs), mais qui sont loin d’être leur monopole. Je n’ai ni la force ni le courage de me faire traiter de « sale sioniste » ou de « sale PD » ; je la ferme, lâchement et malgré moi, et tente de me reposer un peu.

Une demie-heure plus tard, c’est la fouille. Puis on me place dans une cellule à trois « couchettes » superposées. En fait de « couchettes » ce sont des planches en bois clouées perpendiculairement à l’axe du lit en fer. Mon dos s’en souvient encore…deux ans plus tôt, comme le temps passe… Déjà deux personnes sont là. L’un dort, ronflant comme un bébé, indiquant un profond sommeil que je lui envie. Le deuxième m’accueille avec un franc sourire : « Ah chef, ça fait plaisir que tu sois là, j’avais personne à qui causer ! ». Je n’aime pas qu’on m’appelle « chef », mais le type a l’air vraiment gentil. La conversation s’engage, nous sommes tous les deux dégoûtés de nous retrouver dans ce trou puant, avec cette bouffe infâme que nous refusons par principe. Lui n’a pas mangé depuis quarante-huit heures, c’est la première fois au dépôt. Il me confie qu’il n’a pas de papiers, qu’il est originaire de Kabylie. Sept ans à trimer comme un forçat en France ; le bâtiment, la restauration, maçon, livreur, un peu de tout. « J’ai tout essayé ici. J’ai jamais ouvert ma gueule ou quoi. Sept ans que je demande des papiers, pour avoir des aides, le logement, les soins ; juste vivre tranquille. On ne m’a jamais régularisé. La préfecture, elle ne répond pas aux lettres. Je connaissais personne en arrivant. Tous mes amis d’aujourd’hui, ils sont sans papiers. » Il me raconte un peu pourquoi il est parti d’Algérie, à cause des gendarmes. « Là-bas ils sont partout, surtout en Kabylie. Ils font ce qu’ils veulent ; quand ils t’arrêtent, même pour un rien, ils peuvent te tabasser, personne ne dit quelque chose. Je voulais partir pour respirer un peu. Quand je suis arrivé, c’était Jospin. Les flics faisaient chier déjà, mais aujourd’hui c’est pire. Quand je vois les flics dans la rue, je dois changer de trottoir ou faire demi-tour ; quand je vois un commissariat, je dois trouver un autre chemin. J’ai peur tout le temps. Et là, je suis ici juste pour une petite bagarre au travail. » Déjà deux reconduites à la frontière, il est revenu chaque fois. « Demain, peut-être, ils vont m’emmener au centre de rétention ». A ce mot, j’ai comme un malaise ; je repense de suite à ce foutu camp pour indésirables, à toutes les personnes qui y sont passées et s’y sont battues, aux témoignages. « Tu sais, moi je préfère ça à la limite ; au moins là-bas je pourrai fumer, marcher un peu, téléphoner. J’en ai marre de la France, je lui ai donné assez de mon temps. Les gens ici ne peuvent rien faire, et plus ils sont passifs, plus le gouvernement en profite pour les comprimer. Mais quand c’est trop, ça explose. En Kabylie, ça a explosé. »

On avait l’air de se comprendre. Je ne pensais plus au procureur que j’allais voir dans quelques heures, à mon éventuelle comparution immédiate. Ce type qui avait tout lâché en pensant vivre un peu mieux en France, et qui se retrouvait au trou, contraint bientôt de repartir pour une région où rien n’y personne ne l’attendait. Il portait la figure même de l’apatride, oppressé ici, malheureux là-bas. Il n’avait presque plus rien. Juste l’habitude de faire face à l’adversité. Nous n’avons pas dormi. En fin de matinée, les flics vinrent me chercher. Nous passâmes à quatre devant une procureur qui ne nous regarda même pas, et expédia notre affaire, déchirant des papiers, nous disant en forme de menace que l’on serait peut-être convoqués par la suite. Pas de procès-verbal de garde-à-vue, rien. En repassant devant la cellule, je m’arrêtai pour échanger un dernier mot avec le compagnon, lui souhaiter courage. Un léger sourire, une poignée de main à travers la porte. Il s’appelait Ahmed, je ne le reverrai probablement jamais. Il est des rencontres qui sont des leçons, à vous donner l’envie de continuer le combat.

Pour une société sans prisons, sans flics, sans remarques homophobes et antisémites. Sans frontières.

Tuesday, October 20, 2009

Je tuerai la pianiste




















Je tuerai la pianiste
Pour ce qu'elle a fait de moi
Chaque jour de ma vie
Chaque semaine, chaque mois

Je tuerai la pianiste
Afin que l'on sache
Que quelque chose existe
En dehors de ça

Et quand ce sera fait
Que le jour sera levé
Sur le satin de ses méfaits
Comme une pierre soulevée

Où grouille la vermine
Dans le champagne et l'caviar
Dans son manteau d'hermine
On pourra la voir, le corps abîmé

Au fond de sa baignoire
Blanche comme un lys
Je tuerai la pianiste
Pour ce qu'elle a fait de moi

Chaque jour que Dieu fait
Chaque semaine, chaque mois
Et quand ce sera fait
Que le jour se lèvera

Par l'entrée des artistes
Quand on saura que c'est moi
Alors je m'en irais
Je la couvrirai d'or

Alors je m'en irais

(Manset/Roussel/Bashung)

Monday, October 05, 2009

« Rugosité du désir et frottements de l'amour »

« Les embardées sur les routes américaines et l'enfance violente. La rugosité du désir et les frottements de l'amour. Une telle errance ne peut que heurter le politique. Car chaque mouvement du corps s'accompagne de l'élan de la conscience. Et l'acte sexuel devient aussi mouvement de la pensée. Un geste politique libérateur pour reconquérir les espaces auxquels nous n'avons pas accès. »
Lucille Calmel

Thursday, September 17, 2009

Glucksamschlipszig : Le roman du Gluck, L’Esprit frappeur, 2003.

Seul, il lui aurait fallu un effort inhumain pour sauter du manège où il vivotait en rond depuis des décennies. Mais ils finissent par vous en expulser. Le système vous dégueule un petit matin sur le trottoir avec un sac en plastique à la main et ce bon de sortie que vous devez faire viser par les autorités compétentes, par le JAP de votre quartier, par le brigadier-chef de Gendarmerie, par l'assistante sociale, l'éducateur, le directeur de l'ANPE...
Comme Jean Valjean, un véritable passeport de relègue.
Ils ne vous ont pas prévenu du comment serait ce dehors. Ils s'en foutent pas mal. Bien sûr vous connaissiez, mais voilà, les souvenirs sont devenus phantasmes.
Nuit après nuit, le dehors a fusionné aux rêves. Lorsque le prisonnier circule d'une prison à l'autre dans son grand car bleu, il regarde et croit constater que rien n'a changé, à part quelques modèles de bagnole et certaines dispositions des carrefours.
Mais c'est une illusion. Un piège. Plus rien n'est pareil. Ils sont trompés. Ils tournent et ils croient que dehors ils tournent avec eux. Solidaires. Quelle idée ! Dehors, ils sont toujours à fond la caisse, même le plus impotent des impotents file ses quarante noeuds, toute voile dehors. Quand ils viennent vous voir au parloir, dès qu'ils vous touchent, vous ressentez un choc. C'est la vitesse. Le décalage.

Jann-Marc Rouillan

Wednesday, September 16, 2009

Quand il y en a un ça va...


http://racailles.lescigales.org/
http://unicaen.free.fr/documents/Racailles49.pdf

Sunday, September 06, 2009

La familha Artùs

La familha Artùs

Saturday, August 29, 2009

Vous avez fumé de l'alcool ?

Rue Montmartre, devant le 93. Pied de grue, j'attends une copine depuis une bonne heure. Il est minuit et des poussières. Un véhicule policier s'arrête derrière une petite demi-douzaine d'autres véhicules en situation irrégulière : stationnés devant la boite et les bars de la rue, là où il n'y a pas d'emplacements prévus pour eux. À cette heure ils ne gênent plus la circulation raréfiée, mais il gênent... Légère tension, on voit quelques personnes entrer dans les différents bars prévenir les propriétaires qu'il va falloir dégager... vite !

En effet deux policiers et une policière s'attellent déjà à cette tâche ingrate, mais rénumératrice en bons points, qui consiste à transcrire tout un tas d'informations et d'indices (plaque minéralogique, modèle, couleur, situation dans la rue, article du code de la route enfreint,...) afin de verbaliser le propriétaire absent dudit véhicule. Sauf que les propriétaires arrivent, et en ordre dispersé, certains commencent déjà à partir.

Alors moi, bon citoyen, j'encourage ces forces de l'ordre visiblement à la peine avec quelques injonctions diverses et variées : "allez on se dépêche ! ils vont tous partir !"

Visiblement mon ton n'a pas été compris :
- Non ! On est déjà passé et ils étaient déjà là !
- Mais voyons monsieur l'agent, je suis là depuis plus d'une heure, et à part un véhicule de police qui est passé, il y a vingt minutes, sirène hurlante et gyrophare enclenché, en situation d'urgence donc, je n'ai vu aucun autre véhicule de police.

Anéfé, quelques minutes plus tôt les occupants des trottoirs s'étaient retournés au passage d'un véhicule de police, accompagnant ce mouvement, pour certains, de gestes et/ou de paroles déplacés et adressés à ses occupants « Quelle bande de gros XXX ! Tout ça pour s'arrêter 100 mètres plus loin devant leur commissariat ». (Non monsieur le procureur je n'ai pas retenu leurs corpulences, tout ça s'étant passé très vite, la voiture roulant vite, anéfé par définition.)

- Haha et bien justement c'était nous !

Je comprends que je fais perdre du temps à ces braves fonctionnaires et décide de conseiller plutôt le dernier automobiliste dont le véhicule est l'objet de toutes les attentions, les autres véhicules ayant déjà disparu... :
- Tu étais à l'arrêt et pas en stationnement, tu devrais partir... maintenant ! Car ils et elles n'ont pas fini de remplir le ticket de bon point qui te concerne ! Je peux te servir de témoin au besoin (en situation d'urgence comment avoir noté que CE véhicule était déjà là il y a vingt minutes au milieu d'autres ??...)

L'agent revient vers moi, excédé :
- Mêlez vous de ce qui vous regarde.
- Mais justement ça me regarde : je suis témoin.
- Vous avez vos papiers ?
- Non.
- Haaa alors restez là. Une fois qu'on en a fini avec cette voiture, vous allez venir avec nous.
- Non.
- ?? Vous avez fumé de l'alcool ?
- .... mouaaaaaaaahahahaa
- Je veux dire...
- Oui c'est çaaaa "j'ai fumé de l'alcool" mmmpoufffmm...

Je m'auto-soustrais au controle d'identité (je m'éloigne quoi), en réfléchissant que ce brave homme allant commettre un abus de pouvoir (pas d'infraction commise, ni à venir) j'agissais pour le bien être de la communauté pour éviter du papier gâché, du temps perdu pour l'administration, une possibilité de mauvaise notation pour cet officier zêlé, etc...

Dix minutes passent, ma copine arrive (enfin !!!) et je lui explique le topo : je suis "en fuite" en gros^^. Au loin j'aperçois les kisdés qui en ont terminé avec le pauvre gars qui n'a pas compris qu'il allait prendre pour tout le monde s'il ne partait pas pendant qu'il en était encore temps.

Les deux flics mâles, désoeuvrés sur le trottoir opposé au loin, m'observent fixement entrer dans la boite (ils m'ont reconnu).
- Messieurs, ce soir c'est contredanse, pour l'outrage faudra revenir !

Saturday, August 15, 2009

lzm2dir missing ?

unsquashfs -d /your/dir/ spoonwep2.lzm

Tuesday, August 11, 2009

Dans cet empire de ruines en perpétuelle rénovation

En dépit de la gigantesque dessaisie, de
l’inexplicable suspension qui frappe dé-
sormais tout ce qui est, le mécanisme uni-
versel continue à fonctionner comme si de
rien n’était. À tirer des traites sur notre iso-
lement.
Dans cet empire de ruines en perpétuelle
rénovation, il n’y a nulle part où nous puis-
sions trouver refuge ; et nous n’avons
même plus la ressource d’une désertion en
nous-mêmes. Nous nous trouvons livrés, en
deçà de toute décision, à une finitude sans
bornes, comme exposés sur toute la surface
de notre être.
[...]
Mais ce Néant-là est l’absolument réel de-
vant quoi tout ce qui existe devient fanto-
matique.

Tiqqun, Théorie du Bloom

Friday, July 17, 2009

[Resistons rezo] URGENT BESOIN DE SOUTIEN DE SUITE A LA BOURSE DU TRAVAIL

to resistons_ensemble@rezo.net
date Fri, Jul 17, 2009 at 4:36 PM
subject [Resistons rezo] URGENT BESOIN DE SOUTIEN DE SUITE A LA BOURSE DU TRAVAIL
mailing list resistons_ensemble.rezo.net

besoin de soutien le plus rapidement possible devant la bourse boulevard du temple, le campement risque fortement d'etre delogé à 18H aujourd'hui vendredi 17 juillet d'apres info sur place, nous ne sommes pas tres nombreux en soutient de ceux qui refusent de lever le camp et qui ont besoin du plus grand nombre possible.
faites paser le message au maximun via texto et net.
merci.

Communiqué de M. Opinionway sur son site web suite au rapport de la cour des comptes et ses accointances avec l'élysée de Sarkozy

Aperçu le 17/07/09 sur http://www.opinion-way.com/


COMMUNIQUE
Suite à la publication par la Cour des Comptes de ses conclusions sur la gestion en 2008 des services de la Présidence de la République, OpinionWay tient à corriger les erreurs d’appréciation et à apporter les précisions et éclaircissements suivants.
OpinionWay réalise depuis le début de l’année 2007 une enquête hebdomadaire pour le compte de LCI et du Figaro. Cette prestation régulière fait l’objet depuis cette date d’une facturation par OpinionWay à LCI et au Figaro, et seulement à ces deux medias.

Par ailleurs, une autre prestation réalisée par OpinionWay est citée dans les conclusions de la Cour des Comptes. Cette prestation différente correspond à des questions confidentielles posées régulièrement dans l’enquête omnibus (enquête unique rassemblant des questions achetées par des clients différents, bénéficiant ainsi d’économies d’échelle) d’OpinionWay. Elle concerne également la commercialisation des tris détaillés par catégorie de population des résultats de nos enquêtes publiées, comme le font depuis longtemps la plupart des instituts d’études. Contrairement à ce que laisse entendre la Cour des Comptes, cette autre prestation ne correspond donc aucunement aux questions financées par LCI et Le Figaro.

Nous rappelons également qu’OpinionWay compte parmi ses clients des acteurs positionnés aussi bien à droite qu’à gauche (par exemple la Fondation TerraNova, la Fondation Jean Jaurès, le Conseil Régional d’Ile-de-France, la Ville de Paris, le Nouvel Observateur, le site Bakchich Info, etc.).

Nous nous réservons enfin le droit d’engager des procédures à l’encontre de tous ceux qui exprimeraient des propos à caractère diffamatoire sur OpinionWay.
---

On pourra chercher avec intérêt ce qui peut bien gratouiller M. OpinionWay en commençant par ici http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2156

Tuesday, June 09, 2009

"la lumière du spectacle obscurcit tout"


"la lumière du spectacle obscurcit tout"

Tuesday, June 02, 2009

Wednesday, May 20, 2009

Thursday, May 14, 2009

15 au 19 juin, grève massive dans l'éducation en Allemagne, à "européaniser"

>
> Objet : [Vague Européenne Paris] 15 au 19 juin, grève massive dans
> l'éducation en Allemagne, à "européaniser"...
>
>
>  A  l'occasion des 10 ans de la signature de la "Déclaration de
> Bologne" (19 juin 1999), toute l'Allemagne fédérale (ce qui n'est
> pas fréquent car cela leur demande beaucoup de coordination, du fait
> que les politiques éducatives y sont régionalisées), du 15 au 19
> juin prochains, se plonge dans une semaine de grève massive dans
> tous les secteurs éducatifs, pour protester, comme nous, contre la
> privatisation progressive des Universités et du Savoir.
>
> Selon le souhait de notre réseau européen de résistance qui émerge
> et par solidarité, ils ont traduit leur appel national en français
> mais aussi bientôt en espagnol, en anglais et en italien..
>
> http://www.bildungsstreik2009.de/aufruf/franz-ubersetzungen
>
> L'appel est massivement soutenu par toutes les orgas possibles et
> inimaginables d'Allemagne (Attac, Die Linke, les Asta etc etc):
>
> http://www.bildungsstreik2009.de/aufruf/unterstutzer_innen/
>
> Il est également puissamment soutenu par le plus grand syndicat de
> l'enseignement supérieur et de la recherche allemand; le GEW/DGB:
>
> http://www.bildungsstreik2009.de/gew-unterstutzt-bildungsstreik-2009/
>
> A l'aube d'élections européennes généralisées (4-7 juin prochains),
> alors que les communautés universitaires de France et de Navarre
> devraient pouvoir décisivement peser dans cette campagne historique
> qui s'annonce pourtant atone.

> Juste après le contre-sommet anti-Bologne de Louvain, ce serait
> certainement l'occasion pour les mouvements français, italien,
> espagnol, etc. de retrouver un second souffle en marquant eux-aussi
> ce malheureux 10ème anniversaire de la Déclaration de Bologne en
> "européanisant" désormais réellement la révolte universitaire.
>
> Il est temps de jeter de vrais ponts par-dessus les frontières; il
> est temps qu'on la construise nous-même, l'europe..
>
> Contactons l'Allemagne et apportons-lui notre soutien massif; que
> chacun cesse de se battre "misérablement" dans son petit coin
> national..

Monday, May 11, 2009

tentative de transcription des assises de la création

http://www.viewontv.com/assemblee_nationale/assisesDeLaCreation/assise_20081114.html

Ces assises ont eu lieu le 14 novembre 2008 au théatre du Rond Point. Elles durent deux heures (1h50 exactement). Dans cette tentative de retranscription des "débats" (joués d'avance) il manque au début l'accueil de Jean-Michel Ribes qui visiblement semble très mal à l'aise d'accueillir Frédéric Lefebvre dans son théatre, la réponse ironique de F.Lefèbvre et les justifications alambiquées du Socialiste Marcel Rogement président du truc (encore un besson-kouchner-etc ?).
La première partie concerne l'ouverture des hostilités vis à vis de "internet" (sic) avec les intervention remarquées de L.Besson et de D.Farrugia.
On saute la partie "musique" pour arriver en fin de partie "livre" avec le chien dans un jeu de quille Pierre Fery (je crois qu'on peut l'applaudir d'avoir tenu tête à tout le monde et en particulier à F.Lefebvre et d'avoir fait en sorte de pousser hors de la voie qu'on lui avait sans doute indiqué, Enrico Macias)
La transcription de la fin est à faire, mais c'est particulièrement indigeste, voir "vomitif" (celui qui a sorti cet adjectif sur twitter se reconnaîtra)

Frédéric Lefebvre (8mn03s) :
Qui veut se lancer sur .. se lancer sur heuh.. la question internet ? Est-ce que beaucoup heuh enfin vous avez tous suivi, j'crois qu'on a pas besoin de faire le point sur le texte on vous a envoyé une petite note assez détaillée. Est-ce qu'y y a immédiatement des remarques ? Des sujets ? Est-ce que vous considérez que le texte tel qu'y sort du Sénat, il faut surtout pas le toucher ? Il faut surtout rien faire et il faut le voter en l'état ? Je sais que certain peuvent penser ça en s'disant du coup que sinon y a le risque de déclencher d'autres choses. Est-ce qu'au contraire, vous considérez qu'y faut aller plus loin. Est-ce que heuh sur la réponse elle même, Hadopi, on va assez loin ? Est-ce que heuh sur la question de l'offre légale, de la chronologie des médias, des protections on va assez loin ? Moi y a une image que j'ai comme ça un peu en tête, puisque puisqu'elle regarde aussi.. j'compare souvent le monde d'internet au Farwest et c'est pas nécessairement négatif, y faut bien que le monde se créé, c'est toujours comme ça. Et y a un moment simplement y faut des règles et heuh évidemment tous les acteurs du monde de la création, à partir du moment où y avait personne qui les défendait, y avait pas d'état, pas d'autorité, pas de loi, ils ont bien été obligés de se créer eux-mêmes des armes et des moyens de défense. Et tout ces moyens de défense on les connait, par coeur, c'est en même temps des barrières à l'offre légale. Donc voilà, j'crois qu'le débat il est vraiment là, du monde de la création sous toutes ses formes heuh on attend de savoir si y faut avancer ensemble, c'est à dire à la fois sur la partie protection-texte-hadopi/offre-légale, dans les accords de l'élysée, il avait été décidé de séquencer les choses mais y avait quand même la volonté de bouger par exemple la chronologie des médias. Le débat est ouvert. Qui veut se lancer ? Frédéric Goldsmith.

Frédéric Goldsmith (10mn03s) :
Oui heuh, donc Frédéric Goldsmith de l'Association des Producteurs de Cinémas. D'abord je tiens à saluer l'organisation de ces assises parce que c'est vrai que c'est un évenement en soi, d'avoir l'ensemble des secteurs qui se réunit pour évoquer le sujet de la création et de la ... dans tous ses différents aspects. Sur le projet de loi "création et internet", c'est ce qui a été je trouve très frappant au Sénat, c'est d'abord le fait que y ait eu beaucoup de travail qui a été fait et heuh donc heuh un certain nombre d'amendements qui ont été débattus mais à aucun moment, et ça je pense que c'est un point absolument crucial, n'a été remis en cause d'une part l'ac.. enfin n'ont été remis en cause d'une part, les accords de l'élysée, d'autre part le principe de la réponse graduée, et ensuite la volontée heuh, et ça il faut qu'on en parle, de faire progresser le les travaux sur la chronologie des médias. Donc cet cet cet état d'esprit qui est déterminé en faveur de la création est tout à fait essentiel, c'est un texte déterminant, essentiel et heuh considérable, je pense que beaucoup de gens à l'étranger regardent ce qui est en train de se passer en france, parce que on a malheuresement l'expérience d'une piraterie particulièrement développée en france, on est assez champion dans ce domaine, on est champion dans le domaine de la création et on est aussi champion malheureusement dans le domaine du piratage, heuh et donc on a à travers le projet de loi heuh et qui .. et c'est à dire en réalité les accords de l'élysée, sur.. travailler à une réponse très pragmatique et très soucieuse de la garantie des libertés individuelles, caractérisée par cette autorité administrative indépendante, Hadopi, heuh qui est heuh reprochée par ses détracteurs mais qui est au contraire la garantie la plus totale de confidentialité des données qui sont susceptibles à un moment donné, des données personnelles, qui sont susceptibles d'être traitées. Donc c'est un texte qui est heuh extremement heuh sofistiqué et très précis et heuh et on peut esp.. il faut espérer vraiment que à l'assemblée cette cette détermination en faveur de la création, cette volonté de préserver une une une réponse pragmatique, heuh avec la garantie de l'état, heuh et et la volonté de faire en sorte que heuh l'offre légale émerge aussi à travers une réponse pédagogique, mais qui doit aboutir nécessairement à un moment donné à une sanction, et en parallele du développement de la chronologie des média, il faut vraiment souhaiter que cette cette volonté soit tout à fait présente...

Frédéric Lefebvre (12mn37s) :
Mais Frédéric, sur la question précise, parce que, je crois qu'on est tous d'accord sur le texte et Marcel [Rogemont] et moi sommes d'accord, heuh on va avoir à convaincre parfois un certain nombre de parlementaires de nos collègues dans nos groupes respectifs, moi j'aurais moin de travail que lui je pense, mais en tout cas avoir à convaincre un certain nombre de gens dans nos propres groupes, mais en même temps, heuh est-ce que le texte parait suffisant ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? J'crois il faut entrer dans le concret.  Vas-y Luc. (Frédéric Goldsmith fait une tête de chien battu)

Luc Besson (13mn10)
Heuh le texte est très très bien. D'abord j'aime beaucoup la la comparaison avec le Western. C'est vrai qu'on se sent un peu comme les indiens en train de se faire décimer, souvent, parce que c'est nous qui payons un peu. Heuh le texte est très bien, heuh je pense que plus la réponse, la réponse graduée c'est parfait, plus ce sera appliqué tôt, ça c'est vraiment un facteur important, j'crois qu'au début y avait un délai de deux ans, je sais pas où on en est dans les délais, mais il faut savoir que les opérateurs savent déjà le faire. Donc leur donner deux ans, sous prétexte qu'y disent "y faut qu'on s'organise et caetera..", vous inquiétez pas : pour faire des offres téléphoniques, ils ont besoin de 48 heures. Donc ils savent très très bien le faire. Ils savent très bien tout de suite envoyer les messages en..  avec le premier rappel, le deuxième rappel et caetera, ils savent le faire. En réalité ils auraient besoin de trois semaines, donc en leur donnant trois quatre mois, c'est largement suffisant. Il faut pas se faire embrouiller sur cette date là : dans deux ans, c'est le siècle prochain, dans deux ans en terme d'internet. Dans deux ans y aura des couloirs beaucoup plus importants et ils n'auront jamais à faire ça dans deux ans. Jamais. Ca sera déjà réglé le problème. Le problème c'est que la perte du cinéma, excusez moi j'parle que du cinéma parce que je connais que ça, heuh c'est nous on l'évalue un peu avec Alain [Attal ou Terzian ?] à environ neuf cent millions d'euros par an de pertes, le piratage. Deux ans ça fait un milliard huit. Tout simplement. Les un milliards huit, faut savoir, beaucoup des producteurs remettent l'argent dans les films, c'est notre spécialité. J'ai démarré à 17 ans, j'vois toujours les même producteurs, on est toujours là, personne s'est acheté des maisons en suisse, tout le monde remet dans les films, on est vraiment des amoureux du septième art. Quand on nous enlève un milliard huit, y a forcément des nouveaux metteurs en scène qui ne sortent pas, des nouveaux comédiens qui ne sortent pas et caetera. On a besoin de cet argent. Donc plus tôt la réponse graduée sera faite meux c'est. Pour moi le texte est vraiment très très bien, c'est une grosse avancée. Le seul point noir pour moi pour l'instant c'est celui-là.

Frédéric Lefèbvre (15mn17s) :
Et est-ce que, c'est pour rebondir sur ce que tu viens de dire, c'est à dire l'application immédiate de la réponse graduée, est-ce qu'on peut considérer, est-ce que ça vous parait possible d'imaginer que on fasse heuh de manière parallèle, les avancées sur l'offre heuh légale ? Pace que heuh j'crois qu'ça peut être un bon moyen de dire bah on y va tout de suite, mais on y va tout de suite de manière assez globale. Tu es d'accord ?

Luc Besson (15mn45s) :
Ouai ouai moi j'suis d'accord.

Frédéric Lefèbvre (15mn47s) : 
Dominique...

Dominique Farrugia (15mn48s) :
Heuh Frédéric [Goldsmith] tout à l'heure disait qu'on était champion du monde de la piraterie. Pourquoi on est champion du monde ? parce qu'on a le réseau ADSL le mieux implanté d'europe et même voire du monde et que comme le disait Luc [Besson] demain on arrivera à la fibre optique, et c'est à dire qu'on téléchargera un film en moins de 10 minutes. Heuh j'pense qu'y faut vite aller vers... La loi [hadopi] est bien en tant que telle et j'pense qu'on pourrait aller plus loin, et l'on en parlait une fois avec Pascal [Nègre] déjà, si on voulait on pourrait interdire l'accès aux sites peer to peer, aussi simplement que ça. Mais aujourd'hui on arrivera pas à le faire parce que le lobby est trop fort. En tout cas c'est, nous, nous adapter à ... bah justement à ce nouveau média qu'est l'internet donc ici avec (Alain ??) président de l'UPF on a essayé de discuter par exemple avec Orange afin que ils rentrent nettement dans la création cinématographique - encore une fois on parle boutique, cinéma, désolé, mais, comme disait Luc c'est ce qu'on connait le mieux en tout cas - heuh mais au delà de ça, il faut que nous on arrive à bouger la chronologie des média très vite, afin de s'adapter à cette nouvelle offre. Parce qu'autrement on va se faire bouffer completement, et en se faisant bouffer completement, Luc c'est pas un milliard neuf qu'on risque de perdre, c'est de perdre tout. C'est à dire qu'on aura plus de cinéma français et qu'y aura plus qu'un cinéma américain bien implanté qui arrivera lui à se démerder puisque y vend dans le monde entier, alors que nous on est plutôt hexagonal.

Frédéric Lefebvre (vers 17mn20s) :
Tu as raison qu'on oublie de dire souvent que les pays qui vivent sans problème avec internet sans avoir de réglementation particulière sont des pays qui ont capitulé depuis bien longtemps sur leur cinéma, leur musique.. [Pascal Nègre opine du chef..]

Luc Besson (17mn31) :
C'est important comme heuh...

Frédéric Lefebvre [qui le coupe] (17mn32) :
et ça je crois c'est très important, de de heuh.., de s'en souvenir, parce que finalement ça renvoit à des combats qui datent un peu, mais qui sont des combats qui ont été portés en france et j'crois que tout ce qui a pu se passer y compris au parlement européen même si les choses évoluent plutot mieux aujourd'hui puisque vous savez que du coté des chefs d'états, à l'initiative d'ailleurs de Nicolas Sarkozy, mais du coté des chefs d'état, aujourd'hui y a plutôt le refus de des tentatives qui y avaient eu de l'amendement Bono.. bon.. donc les choses se passent bien. Mais j'crois qu'y faut pas hésiter... même si les choses se passaient mal, en tout cas c'est mon sentiment à moi et j'hésiterai pas à le dire, que de temps en temps il faut savoir dire non, se révolter, et que la question de l'exception culturelle française heuh y faudra qu'on la porte même si on devait avoir heuh une situation au niveau européen qui soit un peu bloquée.

(18mn26s)
Est-ce que la musique veut réagir ?

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On saute.. c'est déjà lourd à entendre.. à écrire.. c'est pire..
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Frédéric Lefebre (46mn45s) :
Merci Bernard [Fixot] peut-être pour finir sur le livre, Alain Fery...
(On sent que F.Lefebvre ne peut pas encaisser non pas Alain Fery, mais Pierre Fery de son vrai prénom. La grosse ficelle pour déstabiliser le gars qui clairement n'est pas de LEUR camp)

Pierre Fery (46mn48s) :
Juste pour finir sur le livre, j'oserai aller plus loin. D'abord merci c'est vrai l'écriture est à la base de tout ce que nous faisons (PF remercie ici FL qui plus tôt a voulu briller à la maniere UMP en parlant de l'écriture...) et c'est très étrange parce que nous nous retrouvons dans cette problématique un petit peu en queue de peloton, mais je suis tout à fait d'accord avec vous Monsieur Fixot, ça arrive, et ça arrive très vite. Mais je crois que les lois qui vont être mises en place et qui sont essentielles et importantes ne sont que des périodes transitoires. Et au moment où vous allez engager le débat dans quelques minutes sur l'importance de l'apport d'internet à la création, je crois que nous nous retrouvons, et je fais écho aussi à ce que disait monsieur Besson, (on remarque ici que PF vouvoie E.Besson) tous ici, à la fois dans la défense du droit d'auteur, mais aussi dans un déplacement de nos métiers. Je pense que les supports vont nous ammener (la gueule de Besson, Macias, Lefebvre ici est .. comment dire.. "parlante" ? ils sentent le truc qui va pas du tout du tout aller dans leur sens) c'est d'ailleurs la seule chose à peu près interressante dans les propositions européennes, c'est à dire nous ammener à nous adapter, et peut-être même à préparer et à anticiper les offres pour ce support qu'est internet, et peut-être même au moment où vous allez parler d'internet comme un apport de création, je crois qu'internet va devenir peut-être même un acteur de création (il y a déjà des journaux en ligne). (Macias se tourne vers Besson avec la gueule du gars qui dit 'mais c'est qui cet idiot' ?) Je pense que dans l'avenir le papier ne sera pas immédiatement en danger, mais il y aura des livres (les gueules de Farrugia et Negre sont renfrognées) en ligne. Simplement ce sera à nous tous ici de contrôler le droit d'auteur, de faire cette offre à ces internautes, parce que nous avons beaucoup parlé de "pirates", de "piratage", mais en vérité le profil de ces personnes qui sont parfois même dans nos entourages, ce ne sont pas des pirates, ce sont les nouveaux consommateurs de la culture, ceux qui ont toujours envie de lire et de voir des films, mais autrement, et à un autre prix et peut-être même rapidement parce que c'est ça aussi qui les caractérise, [ceux d']internet, c'est d'être les premiers à pouvoir voir le film, éventuellement peut-être demain lire le livre. Et là, notre responsabilité au delà des lois consiste, mais nous y réfléchissons beaucoup, éditeurs indépendants, syndicats d'édition, je le pense, à nous adapter à cette évolution. La loi va nous protéger, protéger nos droits d'auteurs, parce que nous ne vivons tous que de ça, mais elle ne nous protègera pas de l'évolution de nos propres métiers. C'est ce qui est en train de se passer et je crois que le support internet sera plus qu'un passage de culture, mais un véritable acteur de la culture, et l'essentiel en tout cas en ce qui nous concerne, je conclue là dessus, et pour faire écho donc à ce que disait monsieur Besson, c'est que les gens lisent des livres, aillent au cinéma, mais aussi voient des films et peut-être lisent autrement, c'est un risque, c'est à dire d'aller chercher les lecteurs ou les spectateurs là où ils sont. Et je voudrais terminer en faisant presque une image un peu.., qui est récente.. il fut un temps où nous allions chercher tous des grands vins, des bons vins chez le caviste et vous avez vus les efforts aujourd'hui que font les hypermarchés, le type de cave qu'on nous propose dans certaines grandes marques, c'est ce qui est en train un petit peu de se passer ajourd'hui.

Frédéric Lefebvre (49mn44s) :
Merci.
Ouais, attend, ... alors un mot parce que y a Enrico qui attend..

Dominique Farrugia (46mn51s) :
En deux secondes, je trouve ça completement fou qu'on soit nous tous réunis aujourd'hui pour se dire comment on va pouvoir s'arranger avec internet, alors qu'internet nous vole des choses. Et ce que je trouve totalement incroyable c'est qui y a un lobby formidable, fait par internet, auprès de bruxelles, qui nous pique directement dans notre porte monnaie des choses, qui est en train de briser la création. Y a un mot qui a tourné à bruxelles à un moment et qui était de dire on ne peut pas interdire internet, parce que internet c'est comme l'eau tout le monde y a droit. Et puis après on se dit "on paye la facture d'eau. Oh merde c'est con faut payer la facture, donc on enlève la phrase". Aujourd'hui moi ce que je trouve fou, c'est qu'on nous dit tant que nous on s'arrange pas sur la chronologie des média, donc on ne passe pas la loi, c'est totalement crétin, pardon, c'est pas un joli mot, mais c'est totalement crétin, et si vous vous y allez pas, nous on pourra pas passer derrière et qu'en plus y faut être un ptit peut libéral. Alors je sais que c'est pas très très à la mode, et que t'aimes pas ça en tant que gaulliste (DF s'addresse là à F.Lefebvre), mais heuh (sourire), mais à un moment le producteur devrait pouvoir (FL se marre, EM fait la gueule) choisir le moment où il a envie que son film sorte en DVD. Par exemple. C'est simple. C'est une règle simple. Et tout d'un coup on l'applique et chacun peut faire comme y veut. Ensuite la chronologie sur la télévision, elle doit être là, elle doit exister, et on peut la faire vivre. Y a du monde dans les salles parce que, à l'instar du spectacle vivant, les gens aiment se retrouver dans les salles et regarder des films tous ensemble, ca c'est sûr. Le problème, ça dure trois semaines. 

Frédéric Lefebvre (51mn27s) :
Merci Dominique.
Enrico.

Enrico Macias (51mn28s) :
Moi ce que je voudrais dire c'est que... heuh.. l'art en général est en très très grand danger à cause d'internet. Avant y a eu l'avènement de la télévision... c'était un support. Par exemple moi en tant que chanteur, j'ai fait.., j'ai 46 ans de carrière, et si j'ai fait cette carrière, c'est grâce au disque. Et il est évident qu'on vendait des disques, qu'si on était un homme de scène. Et le spectacle maintenant a pris plus d'importance dans ma carrière que la vente de disques. J'parle pour les chanteurs, pour la musique, mais je vois que.. tout.. toutes les formes d'expressions sont en danger : le théatre, le cinéma, maintenant j'apprends, avec stupeur, que même la littérature... Vous vous avez dit (en s'addressant à Pierre Fery, Lefebvre serre les dents) tout à l'heure que c'est pas du piratage, moi j'dis qu'c'est du vol à main armée quoi. C'est..

Pierre Fery, Enrico Macias parlent en même temps (52mn24s)
EM : Attendez..
PF :  Attendez ! Attendez j'ai pas dit.. je tiens absolument..
EM : Non, non..
PF : C'est du piratage ! Nous sommes volés.. je suis d'accord !
(Frédéric Lefebvre se marre en regardant Pierre Fery "Hahaha tu fais moins le malin là avec Enrico, LE pote du chef.. hein ?!)

Enrico Macias (52mn33s)
Comment.. comment peut-on continuer à faire une carrière en sachant que ça sert à rien de faire des disques. Ca ne sert plus à rien de faire des disques. Moi j'dis qu'y faut une très grande solidarité entre toutes les formes d'expression et contre internet, qui est la source de tous nos problèmes. Attendez ! Quand je dis "contre internet", on.. je je préciserai.. en plus, que, internet peut nous apporter quelque chose, mais il faut que internet se plie à nos décisions, aux lois et à nos exigences, pour pouvoir... nos exigences, honnêtes, pas.. pour exploiter les autres, honnêtes, honnêtement, voyez ce je veux dire ? Il faut pas que ce soit... que nous nous plions à l'avènement d'internet, il faut que internet se plie à nos exigences. Ceci m'ammène à dire que, je suis désolé (EM touche le bras de Frédéric Lefebvre.. le droit en plus...) mais... il faudrait qu'on soit nettement plus répréssif, contre ceux qui, ceux qui téléchargent gratuitement comme ça, heuh... et les films et la musique. Voilà. Ca ça c'est mon point de vue, peut-être un p'tit peu brutal, et c'est pas mon habitude, mais c'est comme ça.

Frédéric Lefebvre (53mn47s) :
On a comprit qu'en fait vous étiez en fait d'accord sur le mot piratage, et .. 

Pierre Fery (53mn52s) :
J'ai simplement dit que le profil de ce qu'on appelle les pirates n'était pas le même. Que ça s'élargissait à un nouveau type de consommateurs, et qu'internet qui nous vole aujourd'hui, nous sommes d'accord, va, ou peut, ou risque de devenir un support, y compris pour nous éditeurs, et si nous voulons imposer notre vision, et notre défense des droits d'auteurs, c'est peut-être parce que demain, tous ici réunis, nous serons des acteurs de ce nouveau support et pas des victimes de ce support. C'est simplement ce que je voulais dire.

Enrico Macias (54mn19s) :
Oui je comprends très bien, mais c'est comme si vous vous disiez.. "moi je comprends les criminels". Vous essayez de ...
(tout le monde parle ensemble)
internet c'est quelque chose qui existe, à l'heure actuelle, pour beaucoup d'autre choses qui sont très importantes, mais là ils sont en train de nous bouffer toute la création et on est tous en danger, tous autant que nous sommes. Si on est pas solidaire on y arrivera pas.

Frédéric Goldsmith (54mn44s)
l'actualité montre qu'on a besoin de régulation, dans le domaine d'internet, comme ailleurs. On ne peut pas être contre internet. Mais on a besoin de régulation. L'actualité le montre assez. J'crois c'est un mot considérable, aujourd'hui on ne peut pas considérer que même internet peut se développer lui même sans un cadre de régulation. Puisque ça détruit tout...

Frédéric Lefebvre (55mn04s)
Attendez... plusieurs choses... J'pense que.. heuh .. Enrico... dont on connait la capacité d'indignation... il est normal qu'un artiste... qui vit avec d'autres artistes.. et qui en plus est un artiste... qui a une carrière si belle (Luc Besson baisse la tête et se cache le visage, on dirait qu'il pouffe...) et qui sait parfaitement qu'aujourd'hui... c'est des jeunes artistes souvent... qui payent les pots cassés... de ce qui se passe sur internet... laissez lui sa capacité d'indignation... et le fait que à coté de cette capacité d'indignation.. tout le monde de la création soit capable d'envoyer le message.. on sait que au fond.. y a des gens qui ne se rendaient même pas compte qu'ils volaient et que... on mette en place un système avec des règles et qu'à coté de ces règles qu'on mette en place, il y ait la volonté du monde de la création.. d'utiliser l'outil internet.. d'aller vers un nouveau public... et c'est tout ce qu'on a essayé de dire depuis tout à l'heure. Je crois qu'en fait on a un vrai équilibre dans tout ce qu'on vient de dire.

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texte évidemment pompable et/ou surtout corrigeable pour les fotes :)