Monday, May 11, 2009

tentative de transcription des assises de la création

http://www.viewontv.com/assemblee_nationale/assisesDeLaCreation/assise_20081114.html

Ces assises ont eu lieu le 14 novembre 2008 au théatre du Rond Point. Elles durent deux heures (1h50 exactement). Dans cette tentative de retranscription des "débats" (joués d'avance) il manque au début l'accueil de Jean-Michel Ribes qui visiblement semble très mal à l'aise d'accueillir Frédéric Lefebvre dans son théatre, la réponse ironique de F.Lefèbvre et les justifications alambiquées du Socialiste Marcel Rogement président du truc (encore un besson-kouchner-etc ?).
La première partie concerne l'ouverture des hostilités vis à vis de "internet" (sic) avec les intervention remarquées de L.Besson et de D.Farrugia.
On saute la partie "musique" pour arriver en fin de partie "livre" avec le chien dans un jeu de quille Pierre Fery (je crois qu'on peut l'applaudir d'avoir tenu tête à tout le monde et en particulier à F.Lefebvre et d'avoir fait en sorte de pousser hors de la voie qu'on lui avait sans doute indiqué, Enrico Macias)
La transcription de la fin est à faire, mais c'est particulièrement indigeste, voir "vomitif" (celui qui a sorti cet adjectif sur twitter se reconnaîtra)

Frédéric Lefebvre (8mn03s) :
Qui veut se lancer sur .. se lancer sur heuh.. la question internet ? Est-ce que beaucoup heuh enfin vous avez tous suivi, j'crois qu'on a pas besoin de faire le point sur le texte on vous a envoyé une petite note assez détaillée. Est-ce qu'y y a immédiatement des remarques ? Des sujets ? Est-ce que vous considérez que le texte tel qu'y sort du Sénat, il faut surtout pas le toucher ? Il faut surtout rien faire et il faut le voter en l'état ? Je sais que certain peuvent penser ça en s'disant du coup que sinon y a le risque de déclencher d'autres choses. Est-ce qu'au contraire, vous considérez qu'y faut aller plus loin. Est-ce que heuh sur la réponse elle même, Hadopi, on va assez loin ? Est-ce que heuh sur la question de l'offre légale, de la chronologie des médias, des protections on va assez loin ? Moi y a une image que j'ai comme ça un peu en tête, puisque puisqu'elle regarde aussi.. j'compare souvent le monde d'internet au Farwest et c'est pas nécessairement négatif, y faut bien que le monde se créé, c'est toujours comme ça. Et y a un moment simplement y faut des règles et heuh évidemment tous les acteurs du monde de la création, à partir du moment où y avait personne qui les défendait, y avait pas d'état, pas d'autorité, pas de loi, ils ont bien été obligés de se créer eux-mêmes des armes et des moyens de défense. Et tout ces moyens de défense on les connait, par coeur, c'est en même temps des barrières à l'offre légale. Donc voilà, j'crois qu'le débat il est vraiment là, du monde de la création sous toutes ses formes heuh on attend de savoir si y faut avancer ensemble, c'est à dire à la fois sur la partie protection-texte-hadopi/offre-légale, dans les accords de l'élysée, il avait été décidé de séquencer les choses mais y avait quand même la volonté de bouger par exemple la chronologie des médias. Le débat est ouvert. Qui veut se lancer ? Frédéric Goldsmith.

Frédéric Goldsmith (10mn03s) :
Oui heuh, donc Frédéric Goldsmith de l'Association des Producteurs de Cinémas. D'abord je tiens à saluer l'organisation de ces assises parce que c'est vrai que c'est un évenement en soi, d'avoir l'ensemble des secteurs qui se réunit pour évoquer le sujet de la création et de la ... dans tous ses différents aspects. Sur le projet de loi "création et internet", c'est ce qui a été je trouve très frappant au Sénat, c'est d'abord le fait que y ait eu beaucoup de travail qui a été fait et heuh donc heuh un certain nombre d'amendements qui ont été débattus mais à aucun moment, et ça je pense que c'est un point absolument crucial, n'a été remis en cause d'une part l'ac.. enfin n'ont été remis en cause d'une part, les accords de l'élysée, d'autre part le principe de la réponse graduée, et ensuite la volontée heuh, et ça il faut qu'on en parle, de faire progresser le les travaux sur la chronologie des médias. Donc cet cet cet état d'esprit qui est déterminé en faveur de la création est tout à fait essentiel, c'est un texte déterminant, essentiel et heuh considérable, je pense que beaucoup de gens à l'étranger regardent ce qui est en train de se passer en france, parce que on a malheuresement l'expérience d'une piraterie particulièrement développée en france, on est assez champion dans ce domaine, on est champion dans le domaine de la création et on est aussi champion malheureusement dans le domaine du piratage, heuh et donc on a à travers le projet de loi heuh et qui .. et c'est à dire en réalité les accords de l'élysée, sur.. travailler à une réponse très pragmatique et très soucieuse de la garantie des libertés individuelles, caractérisée par cette autorité administrative indépendante, Hadopi, heuh qui est heuh reprochée par ses détracteurs mais qui est au contraire la garantie la plus totale de confidentialité des données qui sont susceptibles à un moment donné, des données personnelles, qui sont susceptibles d'être traitées. Donc c'est un texte qui est heuh extremement heuh sofistiqué et très précis et heuh et on peut esp.. il faut espérer vraiment que à l'assemblée cette cette détermination en faveur de la création, cette volonté de préserver une une une réponse pragmatique, heuh avec la garantie de l'état, heuh et et la volonté de faire en sorte que heuh l'offre légale émerge aussi à travers une réponse pédagogique, mais qui doit aboutir nécessairement à un moment donné à une sanction, et en parallele du développement de la chronologie des média, il faut vraiment souhaiter que cette cette volonté soit tout à fait présente...

Frédéric Lefebvre (12mn37s) :
Mais Frédéric, sur la question précise, parce que, je crois qu'on est tous d'accord sur le texte et Marcel [Rogemont] et moi sommes d'accord, heuh on va avoir à convaincre parfois un certain nombre de parlementaires de nos collègues dans nos groupes respectifs, moi j'aurais moin de travail que lui je pense, mais en tout cas avoir à convaincre un certain nombre de gens dans nos propres groupes, mais en même temps, heuh est-ce que le texte parait suffisant ? Est-ce qu'il faut aller plus loin ? J'crois il faut entrer dans le concret.  Vas-y Luc. (Frédéric Goldsmith fait une tête de chien battu)

Luc Besson (13mn10)
Heuh le texte est très très bien. D'abord j'aime beaucoup la la comparaison avec le Western. C'est vrai qu'on se sent un peu comme les indiens en train de se faire décimer, souvent, parce que c'est nous qui payons un peu. Heuh le texte est très bien, heuh je pense que plus la réponse, la réponse graduée c'est parfait, plus ce sera appliqué tôt, ça c'est vraiment un facteur important, j'crois qu'au début y avait un délai de deux ans, je sais pas où on en est dans les délais, mais il faut savoir que les opérateurs savent déjà le faire. Donc leur donner deux ans, sous prétexte qu'y disent "y faut qu'on s'organise et caetera..", vous inquiétez pas : pour faire des offres téléphoniques, ils ont besoin de 48 heures. Donc ils savent très très bien le faire. Ils savent très bien tout de suite envoyer les messages en..  avec le premier rappel, le deuxième rappel et caetera, ils savent le faire. En réalité ils auraient besoin de trois semaines, donc en leur donnant trois quatre mois, c'est largement suffisant. Il faut pas se faire embrouiller sur cette date là : dans deux ans, c'est le siècle prochain, dans deux ans en terme d'internet. Dans deux ans y aura des couloirs beaucoup plus importants et ils n'auront jamais à faire ça dans deux ans. Jamais. Ca sera déjà réglé le problème. Le problème c'est que la perte du cinéma, excusez moi j'parle que du cinéma parce que je connais que ça, heuh c'est nous on l'évalue un peu avec Alain [Attal ou Terzian ?] à environ neuf cent millions d'euros par an de pertes, le piratage. Deux ans ça fait un milliard huit. Tout simplement. Les un milliards huit, faut savoir, beaucoup des producteurs remettent l'argent dans les films, c'est notre spécialité. J'ai démarré à 17 ans, j'vois toujours les même producteurs, on est toujours là, personne s'est acheté des maisons en suisse, tout le monde remet dans les films, on est vraiment des amoureux du septième art. Quand on nous enlève un milliard huit, y a forcément des nouveaux metteurs en scène qui ne sortent pas, des nouveaux comédiens qui ne sortent pas et caetera. On a besoin de cet argent. Donc plus tôt la réponse graduée sera faite meux c'est. Pour moi le texte est vraiment très très bien, c'est une grosse avancée. Le seul point noir pour moi pour l'instant c'est celui-là.

Frédéric Lefèbvre (15mn17s) :
Et est-ce que, c'est pour rebondir sur ce que tu viens de dire, c'est à dire l'application immédiate de la réponse graduée, est-ce qu'on peut considérer, est-ce que ça vous parait possible d'imaginer que on fasse heuh de manière parallèle, les avancées sur l'offre heuh légale ? Pace que heuh j'crois qu'ça peut être un bon moyen de dire bah on y va tout de suite, mais on y va tout de suite de manière assez globale. Tu es d'accord ?

Luc Besson (15mn45s) :
Ouai ouai moi j'suis d'accord.

Frédéric Lefèbvre (15mn47s) : 
Dominique...

Dominique Farrugia (15mn48s) :
Heuh Frédéric [Goldsmith] tout à l'heure disait qu'on était champion du monde de la piraterie. Pourquoi on est champion du monde ? parce qu'on a le réseau ADSL le mieux implanté d'europe et même voire du monde et que comme le disait Luc [Besson] demain on arrivera à la fibre optique, et c'est à dire qu'on téléchargera un film en moins de 10 minutes. Heuh j'pense qu'y faut vite aller vers... La loi [hadopi] est bien en tant que telle et j'pense qu'on pourrait aller plus loin, et l'on en parlait une fois avec Pascal [Nègre] déjà, si on voulait on pourrait interdire l'accès aux sites peer to peer, aussi simplement que ça. Mais aujourd'hui on arrivera pas à le faire parce que le lobby est trop fort. En tout cas c'est, nous, nous adapter à ... bah justement à ce nouveau média qu'est l'internet donc ici avec (Alain ??) président de l'UPF on a essayé de discuter par exemple avec Orange afin que ils rentrent nettement dans la création cinématographique - encore une fois on parle boutique, cinéma, désolé, mais, comme disait Luc c'est ce qu'on connait le mieux en tout cas - heuh mais au delà de ça, il faut que nous on arrive à bouger la chronologie des média très vite, afin de s'adapter à cette nouvelle offre. Parce qu'autrement on va se faire bouffer completement, et en se faisant bouffer completement, Luc c'est pas un milliard neuf qu'on risque de perdre, c'est de perdre tout. C'est à dire qu'on aura plus de cinéma français et qu'y aura plus qu'un cinéma américain bien implanté qui arrivera lui à se démerder puisque y vend dans le monde entier, alors que nous on est plutôt hexagonal.

Frédéric Lefebvre (vers 17mn20s) :
Tu as raison qu'on oublie de dire souvent que les pays qui vivent sans problème avec internet sans avoir de réglementation particulière sont des pays qui ont capitulé depuis bien longtemps sur leur cinéma, leur musique.. [Pascal Nègre opine du chef..]

Luc Besson (17mn31) :
C'est important comme heuh...

Frédéric Lefebvre [qui le coupe] (17mn32) :
et ça je crois c'est très important, de de heuh.., de s'en souvenir, parce que finalement ça renvoit à des combats qui datent un peu, mais qui sont des combats qui ont été portés en france et j'crois que tout ce qui a pu se passer y compris au parlement européen même si les choses évoluent plutot mieux aujourd'hui puisque vous savez que du coté des chefs d'états, à l'initiative d'ailleurs de Nicolas Sarkozy, mais du coté des chefs d'état, aujourd'hui y a plutôt le refus de des tentatives qui y avaient eu de l'amendement Bono.. bon.. donc les choses se passent bien. Mais j'crois qu'y faut pas hésiter... même si les choses se passaient mal, en tout cas c'est mon sentiment à moi et j'hésiterai pas à le dire, que de temps en temps il faut savoir dire non, se révolter, et que la question de l'exception culturelle française heuh y faudra qu'on la porte même si on devait avoir heuh une situation au niveau européen qui soit un peu bloquée.

(18mn26s)
Est-ce que la musique veut réagir ?

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On saute.. c'est déjà lourd à entendre.. à écrire.. c'est pire..
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Frédéric Lefebre (46mn45s) :
Merci Bernard [Fixot] peut-être pour finir sur le livre, Alain Fery...
(On sent que F.Lefebvre ne peut pas encaisser non pas Alain Fery, mais Pierre Fery de son vrai prénom. La grosse ficelle pour déstabiliser le gars qui clairement n'est pas de LEUR camp)

Pierre Fery (46mn48s) :
Juste pour finir sur le livre, j'oserai aller plus loin. D'abord merci c'est vrai l'écriture est à la base de tout ce que nous faisons (PF remercie ici FL qui plus tôt a voulu briller à la maniere UMP en parlant de l'écriture...) et c'est très étrange parce que nous nous retrouvons dans cette problématique un petit peu en queue de peloton, mais je suis tout à fait d'accord avec vous Monsieur Fixot, ça arrive, et ça arrive très vite. Mais je crois que les lois qui vont être mises en place et qui sont essentielles et importantes ne sont que des périodes transitoires. Et au moment où vous allez engager le débat dans quelques minutes sur l'importance de l'apport d'internet à la création, je crois que nous nous retrouvons, et je fais écho aussi à ce que disait monsieur Besson, (on remarque ici que PF vouvoie E.Besson) tous ici, à la fois dans la défense du droit d'auteur, mais aussi dans un déplacement de nos métiers. Je pense que les supports vont nous ammener (la gueule de Besson, Macias, Lefebvre ici est .. comment dire.. "parlante" ? ils sentent le truc qui va pas du tout du tout aller dans leur sens) c'est d'ailleurs la seule chose à peu près interressante dans les propositions européennes, c'est à dire nous ammener à nous adapter, et peut-être même à préparer et à anticiper les offres pour ce support qu'est internet, et peut-être même au moment où vous allez parler d'internet comme un apport de création, je crois qu'internet va devenir peut-être même un acteur de création (il y a déjà des journaux en ligne). (Macias se tourne vers Besson avec la gueule du gars qui dit 'mais c'est qui cet idiot' ?) Je pense que dans l'avenir le papier ne sera pas immédiatement en danger, mais il y aura des livres (les gueules de Farrugia et Negre sont renfrognées) en ligne. Simplement ce sera à nous tous ici de contrôler le droit d'auteur, de faire cette offre à ces internautes, parce que nous avons beaucoup parlé de "pirates", de "piratage", mais en vérité le profil de ces personnes qui sont parfois même dans nos entourages, ce ne sont pas des pirates, ce sont les nouveaux consommateurs de la culture, ceux qui ont toujours envie de lire et de voir des films, mais autrement, et à un autre prix et peut-être même rapidement parce que c'est ça aussi qui les caractérise, [ceux d']internet, c'est d'être les premiers à pouvoir voir le film, éventuellement peut-être demain lire le livre. Et là, notre responsabilité au delà des lois consiste, mais nous y réfléchissons beaucoup, éditeurs indépendants, syndicats d'édition, je le pense, à nous adapter à cette évolution. La loi va nous protéger, protéger nos droits d'auteurs, parce que nous ne vivons tous que de ça, mais elle ne nous protègera pas de l'évolution de nos propres métiers. C'est ce qui est en train de se passer et je crois que le support internet sera plus qu'un passage de culture, mais un véritable acteur de la culture, et l'essentiel en tout cas en ce qui nous concerne, je conclue là dessus, et pour faire écho donc à ce que disait monsieur Besson, c'est que les gens lisent des livres, aillent au cinéma, mais aussi voient des films et peut-être lisent autrement, c'est un risque, c'est à dire d'aller chercher les lecteurs ou les spectateurs là où ils sont. Et je voudrais terminer en faisant presque une image un peu.., qui est récente.. il fut un temps où nous allions chercher tous des grands vins, des bons vins chez le caviste et vous avez vus les efforts aujourd'hui que font les hypermarchés, le type de cave qu'on nous propose dans certaines grandes marques, c'est ce qui est en train un petit peu de se passer ajourd'hui.

Frédéric Lefebvre (49mn44s) :
Merci.
Ouais, attend, ... alors un mot parce que y a Enrico qui attend..

Dominique Farrugia (46mn51s) :
En deux secondes, je trouve ça completement fou qu'on soit nous tous réunis aujourd'hui pour se dire comment on va pouvoir s'arranger avec internet, alors qu'internet nous vole des choses. Et ce que je trouve totalement incroyable c'est qui y a un lobby formidable, fait par internet, auprès de bruxelles, qui nous pique directement dans notre porte monnaie des choses, qui est en train de briser la création. Y a un mot qui a tourné à bruxelles à un moment et qui était de dire on ne peut pas interdire internet, parce que internet c'est comme l'eau tout le monde y a droit. Et puis après on se dit "on paye la facture d'eau. Oh merde c'est con faut payer la facture, donc on enlève la phrase". Aujourd'hui moi ce que je trouve fou, c'est qu'on nous dit tant que nous on s'arrange pas sur la chronologie des média, donc on ne passe pas la loi, c'est totalement crétin, pardon, c'est pas un joli mot, mais c'est totalement crétin, et si vous vous y allez pas, nous on pourra pas passer derrière et qu'en plus y faut être un ptit peut libéral. Alors je sais que c'est pas très très à la mode, et que t'aimes pas ça en tant que gaulliste (DF s'addresse là à F.Lefebvre), mais heuh (sourire), mais à un moment le producteur devrait pouvoir (FL se marre, EM fait la gueule) choisir le moment où il a envie que son film sorte en DVD. Par exemple. C'est simple. C'est une règle simple. Et tout d'un coup on l'applique et chacun peut faire comme y veut. Ensuite la chronologie sur la télévision, elle doit être là, elle doit exister, et on peut la faire vivre. Y a du monde dans les salles parce que, à l'instar du spectacle vivant, les gens aiment se retrouver dans les salles et regarder des films tous ensemble, ca c'est sûr. Le problème, ça dure trois semaines. 

Frédéric Lefebvre (51mn27s) :
Merci Dominique.
Enrico.

Enrico Macias (51mn28s) :
Moi ce que je voudrais dire c'est que... heuh.. l'art en général est en très très grand danger à cause d'internet. Avant y a eu l'avènement de la télévision... c'était un support. Par exemple moi en tant que chanteur, j'ai fait.., j'ai 46 ans de carrière, et si j'ai fait cette carrière, c'est grâce au disque. Et il est évident qu'on vendait des disques, qu'si on était un homme de scène. Et le spectacle maintenant a pris plus d'importance dans ma carrière que la vente de disques. J'parle pour les chanteurs, pour la musique, mais je vois que.. tout.. toutes les formes d'expressions sont en danger : le théatre, le cinéma, maintenant j'apprends, avec stupeur, que même la littérature... Vous vous avez dit (en s'addressant à Pierre Fery, Lefebvre serre les dents) tout à l'heure que c'est pas du piratage, moi j'dis qu'c'est du vol à main armée quoi. C'est..

Pierre Fery, Enrico Macias parlent en même temps (52mn24s)
EM : Attendez..
PF :  Attendez ! Attendez j'ai pas dit.. je tiens absolument..
EM : Non, non..
PF : C'est du piratage ! Nous sommes volés.. je suis d'accord !
(Frédéric Lefebvre se marre en regardant Pierre Fery "Hahaha tu fais moins le malin là avec Enrico, LE pote du chef.. hein ?!)

Enrico Macias (52mn33s)
Comment.. comment peut-on continuer à faire une carrière en sachant que ça sert à rien de faire des disques. Ca ne sert plus à rien de faire des disques. Moi j'dis qu'y faut une très grande solidarité entre toutes les formes d'expression et contre internet, qui est la source de tous nos problèmes. Attendez ! Quand je dis "contre internet", on.. je je préciserai.. en plus, que, internet peut nous apporter quelque chose, mais il faut que internet se plie à nos décisions, aux lois et à nos exigences, pour pouvoir... nos exigences, honnêtes, pas.. pour exploiter les autres, honnêtes, honnêtement, voyez ce je veux dire ? Il faut pas que ce soit... que nous nous plions à l'avènement d'internet, il faut que internet se plie à nos exigences. Ceci m'ammène à dire que, je suis désolé (EM touche le bras de Frédéric Lefebvre.. le droit en plus...) mais... il faudrait qu'on soit nettement plus répréssif, contre ceux qui, ceux qui téléchargent gratuitement comme ça, heuh... et les films et la musique. Voilà. Ca ça c'est mon point de vue, peut-être un p'tit peu brutal, et c'est pas mon habitude, mais c'est comme ça.

Frédéric Lefebvre (53mn47s) :
On a comprit qu'en fait vous étiez en fait d'accord sur le mot piratage, et .. 

Pierre Fery (53mn52s) :
J'ai simplement dit que le profil de ce qu'on appelle les pirates n'était pas le même. Que ça s'élargissait à un nouveau type de consommateurs, et qu'internet qui nous vole aujourd'hui, nous sommes d'accord, va, ou peut, ou risque de devenir un support, y compris pour nous éditeurs, et si nous voulons imposer notre vision, et notre défense des droits d'auteurs, c'est peut-être parce que demain, tous ici réunis, nous serons des acteurs de ce nouveau support et pas des victimes de ce support. C'est simplement ce que je voulais dire.

Enrico Macias (54mn19s) :
Oui je comprends très bien, mais c'est comme si vous vous disiez.. "moi je comprends les criminels". Vous essayez de ...
(tout le monde parle ensemble)
internet c'est quelque chose qui existe, à l'heure actuelle, pour beaucoup d'autre choses qui sont très importantes, mais là ils sont en train de nous bouffer toute la création et on est tous en danger, tous autant que nous sommes. Si on est pas solidaire on y arrivera pas.

Frédéric Goldsmith (54mn44s)
l'actualité montre qu'on a besoin de régulation, dans le domaine d'internet, comme ailleurs. On ne peut pas être contre internet. Mais on a besoin de régulation. L'actualité le montre assez. J'crois c'est un mot considérable, aujourd'hui on ne peut pas considérer que même internet peut se développer lui même sans un cadre de régulation. Puisque ça détruit tout...

Frédéric Lefebvre (55mn04s)
Attendez... plusieurs choses... J'pense que.. heuh .. Enrico... dont on connait la capacité d'indignation... il est normal qu'un artiste... qui vit avec d'autres artistes.. et qui en plus est un artiste... qui a une carrière si belle (Luc Besson baisse la tête et se cache le visage, on dirait qu'il pouffe...) et qui sait parfaitement qu'aujourd'hui... c'est des jeunes artistes souvent... qui payent les pots cassés... de ce qui se passe sur internet... laissez lui sa capacité d'indignation... et le fait que à coté de cette capacité d'indignation.. tout le monde de la création soit capable d'envoyer le message.. on sait que au fond.. y a des gens qui ne se rendaient même pas compte qu'ils volaient et que... on mette en place un système avec des règles et qu'à coté de ces règles qu'on mette en place, il y ait la volonté du monde de la création.. d'utiliser l'outil internet.. d'aller vers un nouveau public... et c'est tout ce qu'on a essayé de dire depuis tout à l'heure. Je crois qu'en fait on a un vrai équilibre dans tout ce qu'on vient de dire.

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texte évidemment pompable et/ou surtout corrigeable pour les fotes :)

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